mardi 2 mai 2017

PROMENADE DU SOIR

Si vous avez un jardin avec chat, vous n'aurez pas de mal à imaginer la scène:
C'est le soir. L'heure du repos bien mérité est arrivée et on se dit qu'il serait agréable de faire un dernier petit tour au jardin, sans outil, juste pour l'admirer.
Chez nous, cela débute par un appel: "Allez, les chats! On va se promener au jardin."
Alors, Surcouf et Charlie abandonnent leur occupation, qui consistait le plus souvent à ronfler sur le canapé, pour nous emboîter le pas et sortir avec nous.
Et  c'est parti pour la petite promenade rituelle.
Il y a des scènes à observer de près, comme la première floraison des nouveaux iris.
Un iris de Californie acheté l'an dernier à Andel et nommé "Cap à l'Ouest". Il apprécie  des hivers humides et des étés secs. Tout à fait le cas dans mon jardin!
Iris Giddy
 Celui-ci, j'ai déjà perdu son nom!
 Garnet slipers
 Il y a des scènes à admirer de loin, lorsque la perspective fait apparaître des associations qui se répondent bien.
Les chats ont leurs habitudes auxquelles ils ne dérogent jamais, comme boire dans la mare.
 Lorsque le niveau baisse en raison de la sécheresse, ça devient un peu acrobatique.
Depuis cette photo, il a plu à verse et la mare déborde, pour notre plus grande joie!
Ils ont un autre rituel, dont je ne vous montrerai pas la photo, qui se termine en grattant vigoureusement la terre, et qui me fait pester car cela s'effectue bien sûr dans les dernières plantations effectuées.
Je vais en revanche vous montrer comment je m'y prends pour empêcher les chevreuils de mutiler certaines plantes. Quelques tiges de berberis glissées parmi les branches d'hydrangea quercifolia les tiennent à distance.
J'ai adopté la même méthode pour protéger un choysia dont je m'étonnais qu'il ne produise aucune jeune pousse, un parrotia persica, un hydrangea dont les feuilles sorties durant le jour disparaissaient durant la nuit, etc...
Malheureusement, je ne peux  tout protéger de cette façon, et je me fais souvent "doubler" par les chevreuils.
Continuons la promenade.
Je m'amuse un peu avec les fleurs du pin mugo, qu'il suffit de secouer pour que leur pollen se répande alentour.

 Je trouve très mignonne cette scène du jardin blanc avec une centaurée "Clementeii", des stachys lanata, un eleagnus angustifolia "Quicksilver" et de l'aspérule odorante
et très réussie aussi cette association d'un corokia "frosted chocolate", d'une benoîte, et de l'érable japonais "Sengo Kaku".
Enfin, quand on n'est pas complètement absorbé par le travail des massifs, on découvre de bonnes surprises, comme la réapparition d'un begonia grandis, rustique au moins jusqu'à -15°, et que je n'avais plus vu depuis l'automne dernier. Je pensais qu'à défaut du froid, la sécheresse lui avait été fatal.
Réapparition plus étonnante encore des amsonias plantés en automne 2015 et jamais vus depuis. Jugez de mon étonnement en voyant des pousses vigoureuses surgir du sol!
Encore une bonne surprise: l'épimedium "Lilafee" porté disparu sans avoir eu le temps de fleurir qui tente une résurrection,un peu timide, certes. Il va falloir que je le bichonne!
Charlie la curieuse batifole sur le talus qui borde le jardin et se tâte: "Je grimpe... Je ne grimpe pas... Qu'y a-t-il là-haut?"

Ah! Que j'aime ces promenades du soir entièrement consacrées au plaisir d'admirer les plantes et d'observer les jeux des chats!

vendredi 28 avril 2017

AU POTAGER

J'ai un petit potager, destiné non pas à produire des quantités de légumes qu'il faudra stériliser ou congeler, mais à nous faire goûter de bons produits totalement naturels.
On y trouve au fil des saisons et des années des variétés diverses et changeantes, accompagnées quand même de quelques classiques dont on ne saurait se passer.
Les carottes jaunes y côtoient les artichauts, les radis noirs se faufilent entre les betteraves rouges, les salades font de la place aux poireaux, tout ce petit monde cohabite un peu au petit bonheur la chance, car je ne fais (j'entends les cris des super-organisés) aucun plan de jardin, aucune - ou presque - rotation de culture. En effet, difficile d'organiser la rotation lorsque les plants sont mélangés dans une même planche, un même sillon.
Alors, qu'y a-t-il en ce moment à voir au potager?
J'ai fait un semis de poireaux "Gros jaune du Poitou", car j'en avais fait l'an dernier et nous nous sommes beaucoup régalés avec. Je les trouve plus tendres et moins filandreux que par exemple les "Bleus de Solaise" et nous avons mangé les derniers cette semaine.
Lorsqu'ils auront la grosseur d'un crayon, ils seront mis en place définitivement.
D'un tout autre gabarit sont les rhubarbes!
Elles déploient leurs gigantesques feuilles pour le plus grand plaisir des amateurs de compote et de tartes que nous sommes.
J'ai déjà fait deux cueillettes très abondantes, à tel point que des barquettes de compote ont dû partir au congélateur.
J'adore l'odeur acidulée qu'elles dégagent dès la cueillette.
Et les pommes de terre? Je sais que certains attendent de leurs nouvelles avec curiosité, voire impatience.
J'ai planté deux variétés: Alienor, qui a germé plus rapidement, et Dolwen, qui est en train de rattraper le temps perdu. Elles ont toutes deux déjà bénéficié d'un buttage.
Outre la plantation en lignes, j'ai expérimenté celle en silo, ou "tour à pommes de terre".
Dans un espace entouré de grillage à poules et retenu par des tuteurs en bambou (merci à mon beau-frère qui est mon pourvoyeur), j'ai planté des tubercules. Dès qu'ils atteignent une vingtaine de centimètres de haut, au lieu de les butter je rajoute de la matière sur leur tête: feuilles mortes, vieux compost... Et elles grandissent là-dedans. Lorsqu'elles ont pris vingt nouveaux centimètres, je renouvelle l'opération, et ainsi de suite. Cette méthode est censée être plus productive sur une plus petite surface, les tubercules se développant tout au long des tiges. Réponse au moment de la récolte...
En attendant, je m'émerveille de voir les pousses poursuivre leur ascension et réclamer sans cesse l'apport de nouveau substrat.
Les salades à couper "radichetta", appelées aussi cressonnette du Maroc, ont belle allure...
Ne vous étonnez pas de voir les planches  de culture jonchées de tiges desséchées de fenouil. Elles ont pour but d'éloigner les chats et les empêcher de gratter. Ça marche plutôt bien.
Une fois encore, je ne vois rien venir dans la planche d'épinards. C'est décidé: à moins que quelqu'un m'explique comment on ne les rate pas, je renonce à faire des épinards. 
La véranda a pris des airs de jardinerie aux dires de Patrick. Les semis de tomates, piments, et courgettes y côtoient les potimarrons , les potirons "Bleu de Hongrie", ou "Vert de Hokkaïdo", les courges "Sucrine du Berry" ou "Butternut". 


10 avril
24 avril

10 avril
24 avril
Oui, nous sommes de grands amateurs de courges et nous assumons totalement. Rien que de penser aux délicieuses soupes, aux gratins parfumés, j'aurais presque hâte d'être déjà en automne!
Les carottes jaunes du Doubs que nous avions beaucoup appréciées l'an dernier ont été semées à nouveau cette année, et elles ont très bien levé. Ce sont des carottes traditionnellement utilisées comme fourrage, mais elles sont délicieuses, tendres et sucrées. J'ai commencé à les éclaircir, ou à les "démarier" comme disent certains.
Dans quelques jours nous sèmerons les haricots verts, dont nous raffolons également, mais il faut d'abord laisser à la météo le temps de s'améliorer. S'il n'y a pas eu de gel dans notre jardin, ça n'est pas passé très loin, et il y a même eu de la neige à Guingamp avant-hier! Alors, pas de précipitation.
Voilà une présentation presque exhaustive de ce qu'il y a en cours pour le potager. 
Et vous? Faites-vous un potager? Grand, petit? Quels sont vos grands classiques et vos incontournables en ce domaine?










mardi 25 avril 2017

PURIN D'ORTIES

Il a défrayé la chronique il y a quelques années, lorsque de grands groupes de requins  fabricants de pesticides chimiques produits phytosanitaires (Ouf! C'est dur la bien-pensance!) ont tenté de l'interdire, prétextant son absence d'évaluation scientifique complète. 
AH! AH! AH! C'est qu'ils nous feraient bien rire si on ne pleurait déjà devant le secret et la désinformation qui sont de mise chez les Monsanto et consorts.
Enfin, bref: je fabrique toutes les années mon purin d'orties.
Rien de plus simple:
1 - Repérer un joli massif d'orties. Et c'est là qu'on se dit qu'on a bien fait d'en conserver un peu dans un recoin du jardin. 
D'UNE PART, elles abritent les pontes de papillons parmi les plus beaux de nos contrées: vulcain, paon du jour, petite tortue,... 
 
Pour en savoir plus: http://urticamania.over-blog.com/article-les-papillons-de-l-ortie-51552283.html
D'AUTRE PART,essayer de faire du purin d'orties sans orties est voué à l'échec.
2 - Cueillir les orties sans fleurs mais avec des gants. (Ça, c'est un zeugma, et il est de moi)
Avant l'apparition des fleurs, c'est important, à moins que votre amour des belles-dames vous pousse à ensemencer tout votre jardin avec des graines d'orties, ce dont je doute.
3 - Remplir un seau en plastique et non en métal de feuilles grossièrement hachées au sécateur puis ajouter de l'eau à ras bord.
4 - Attendre environ deux semaines (ça dépend de la température ambiante) en remuant tous les jours le mélange avec un bâton. Lorsqu'il n'y a plus de bulles qui remontent à la surface, le purin est prêt.
Pour l'utiliser, il faut le diluer à 10%, soit un litre de purin pour un arrosoir de 10 litres.
Je m'en sers pour arroser les rosiers en mouillant bien les feuilles. Ça fait un engrais foliaire et une prévention contre les maladies. 
J'arrose également les plants du potager qui demandent de l'azote pour se développer, c'est à dire tous les légumes dont on consomme les feuilles.
Et s'il m'en reste je le déverse sur le tas de compost, dont il accélère la maturation.


Alors, à vos gants, à vos sécateurs, et à vos orties!


dimanche 23 avril 2017

THYM ODORANT

C'est la pleine floraison pour les deux pieds de thym qui garnissent la plate-bande d'aromatiques.
Les bouquets mauves se sont épanouis et forment un dôme rebondi.
Les butineuses sont à l'oeuvre. Je crois reconnaître les abeilles noires de ma voisine, une variété d'abeilles propre à la Bretagne et plus particulièrement à l'île d'Ouessant (mais aussi à Groix et à Belle-Île). Comme elles y sont les seules présentes, elles sont protégées par l'interdiction de l'introduction d'autres abeilles du continent.  En effet, les abeilles d'Ouessant sont reconnues pour la pureté de leur variété, leur ardeur au travail, leur résistance, leur absence de parasites ou de viroses, ce qui en fait une souche précieuse pour les apiculteurs. Mais tous ces avantages ne les empêchent pas d'être mises en danger par les pesticides, comme leurs sœurs partout dans le monde.
Tout ça pour vous dire que j'ai fait très attention à ne pas me faire piquer lorsque j'ai cueilli du thym pour parfumer le poulet du dimanche!
Et je peux ajouter qu'on s'est régalés!

Bonne semaine au jardin!




mercredi 19 avril 2017

ECLOSIONS

Ça se bouscule au portillon!
J'ai du mal à suivre, tant les fleurs éclosent à vive allure. Vous croyez qu'elles feraient ça les unes après les autres? Que nenni! Elles s'y mettent toutes en même temps si bien que la jardinière photographe ne sait plus où donner de l'objectif et craint de ne pas tout voir.
Un petit tour de jardin, ça vous dit?
La pivoine arbustive rapportée de mon ancien jardin se porte on ne peut mieux. C'est un ravissement d'observer les étapes de son épanouissement.
Ne la trouvez-vous pas terriblement romantique dans la brume du petit matin?
 Rapporté également de la région stéphanoise, voici un fothergilla major qui souffrait beaucoup de la sécheresse. Il semble s'être très bien fait au climat breton et émet de nouvelles pousses en grande quantité. Sa floraison est charmante, mais il connaît une nouvelle heure de gloire à l'automne, lorsque tous les tons de rouge, orange, jaune, violet embrasent son feuillage.
Le mignon géranium pyrenaicum "bill wallis" a ouvert sa première fleur. Les boutons sont nombreux et il illuminera le pied du parrotia persica jusqu'en novembre.
Les achillées et les jacinthes des bois se partagent le muret et prennent la relève des aubriètes qui vont bientôt faner.
J'adore les euphorbes!
Je vous présente la sombre "Black Bird"...
... et la claire "Tasmanian tiger".
Le brave petit prunus glandulosa alba plena fleurit vigoureusement, malgré toute la souffrance qu'il a endurée avec la sécheresse de l'été dernier. Il est planté à la mi-ombre des chênes. A l'automne prochain je vais peut-être le déplacer vers le jardin blanc, où il sera plus au soleil, mais connaîtra moins de concurrence racinaire.
Le pyrus salicifolia pendula m'a fait faire du souci durant ses premières années. Je pense qu'il n'aime pas trop mon terrain au sous-sol argileux et imperméable, gorgé d'eau en hiver. Mais il s'y est fait sa place petit à petit et grandit tout doucettement année après année. 
Un autre arbuste qui a mis un peu de temps à s'installer mais prend maintenant une belle ampleur, c'est le viburnum plicatum "Shasta". 
Ses bouquets floraux se détachent bien au-dessus des branches horizontales.
De verdâtres au début, ils deviennent d'un blanc pur au fil des jours. Je craignais un peu que la sécheresse de l'été dernier l'ait trop malmené pour qu'il produise une grande quantité de boutons, mais il n'en est rien.
Photo de l'an dernier!
 Les camassias sont des bulbeuses assez peu connues, et pourtant, qu'elles sont faciles à installer au jardin!
Elles se multiplient toutes seules à toute vitesse et leurs étoiles  bleues font très "ambiance printanière". La durée de floraison est certes assez courte, mais elle intervient à un moment où les autres bulbeuses de printemps sont un peu en bout de course, et où les vivaces et les rosiers n'ont pas encore démarré. Elles existent en bleu et en blanc. J'ai des blanches installées ... au jardin blanc bien sûr, mais elles sont plus tardives et je ne peux vous les faire voir déjà.
Enfin, le printemps en Bretagne est la saison des céanothes. 
En voici un panaché de jaune, à la floraison bleu ciel débutante. Je suis obligée de couper régulièrement des branches toutes vertes pour éviter qu'elles ne reprennent le dessus, mais je le trouve très beau et cela vaut bien ce petit travail.
 Le classique "Concha" aux fleurs bleu marine est installé près de la maison. 
Au fil du temps ses boutons pourpres s'épanouissent en fleurs bleu violacé.
Tout n'est pas rose cependant dans la nature, et certains doivent mourir pour que d'autres vivent.
J'espère que vous ne m'en voudrez pas d'avoir terminé sur une note que certains trouveront cruelle, et je vous souhaite

UNE BONNE SEMAINE AU JARDIN!