lundi 7 mai 2018

SOUDAIN, L’ÉTÉ

Après cet hiver exceptionnellement gris et pluvieux, qui a transformé le jardin en marais et m'a contrainte à vivre à l'intérieur, nous avons pris un bon bol de soleil et de chaleur en nous rendant en Roumanie, où séjourne actuellement notre wwoofeuse de fille .
Nous avons sillonné uniquement une région de Transylvanie où a vécu depuis le XIIème siècle et jusque dans les années 1990 une importante colonie de Saxons.
Cela  a donné une atmosphère et un cachet particuliers à cette région. Les grosses fermes ventrues et les rues bien ordonnées évoquent la Bavière. 
Ces habitants ont gardé au fil des siècles leur langue, leurs coutumes, leur organisation très structurée, leurs écoles. 
Destinés à être un rempart contre les invasions ottomanes et Tatares, ils ont vécu autour d'églises fortifiées qui ont toutes été conservées. On en compte une centaine et plusieurs sont classées au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO.
Cette population qui a bénéficié d'un statut bien établi a fait l'objet de déportations en URSS à la fin de la seconde guerre mondiale, car suspectée de sympathie pour le nazisme. 
Si vous souhaitez en savoir plus sur ce sujet, lisez le poignant livre de l'écrivaine prix Nobel de Littérature Herta Muller : "La Bascule du Souffle". Ce livre raconte les années de déportation d'un jeune garçon de 17 ans, et nous avons pu discuter (en allemand; merci ma fille germanophone!) avec une vieille dame, gardienne des clefs de l'église fortifiée de son village, et qui nous a raconté exactement ce que décrivait le roman. 
A la chute du régime Ceaucescu, les "Saxons" ont reçu des aides pour le retour en Allemagne, et les villages riches de 800 ans de culture vivante se sont vidés d'un coup.
Quelle tristesse et quel gâchis!
Les villes ont toujours un double nom : allemand et roumain. Les écoles allemandes existent encore, mais pour combien de temps? 

De retour en Bretagne, nous avons trouvé le soleil, qui avait dû se glisser dans nos bagages à l'aéroport.
Les pommiers ont explosé en un joyeux feu d'artifice. la chaleur soudaine a fait s'ouvrir toutes les fleurs d'un seul coup.
Et il fait une chaleur! Je ne vous raconte pas.
C'est bien simple : le temps est revenu de faire la sieste sous les pommiers.


BONNE SEMAINE AU JARDIN!




mardi 17 avril 2018

TOUT PETIT HANAMI

Quand les cerisiers à fleurs éclosent, c'est un festival dont on ne peut se lasser.
Si le prunus glandulosa Alba Plena est un modèle réduit, sa floraison, elle, ne l'est pas.
Les branches se couvrent de petits pompons d'un blanc éclatant.
Par chance, les narcisses blancs et tardifs sont syncro avec le prunus, ce qui est charmant.  
Ce n'est pas un arbre, presque pas un arbuste. Il ne dépassera guère 1m50, d'autant plus qu'une taille sévère lui est nécessaire de temps à autre pour lui conserver un port compact et une bonne floribondité.
 Ce que j'adore, c'est la petite lumière verte au cœur des pompons blancs.
Cette floraison ne dure pas des semaines et des semaines, mais elle est précieuse tant elle est lumineuse, et puis cet arbuste tient si peu de place que tout le monde peut l'adopter.

Enfin le soleil est arrivé! Quel bonheur de voir toute cette lumière qui nous manquait depuis des mois.


BONNE SEMAINE AU JARDIN!

jeudi 12 avril 2018

EN COULEURS

La saison a bel et bien changé.
Même si la météo n'est pas toujours à l'unisson, les plantes ont bien enregistré le calendrier et se bousculent au portillon. C'est à qui lancera les plus belles fleurs dans le brouillard du petit matin.
Les potées de tulipes sont au-delà de mes espérances.
                                   1er avril
                                         6 avril
                                          11 avril
Brouté il y a deux ans par les chevreuils et ayant dû subir un recépage, le magnolia aussi est plein d'ardeur.
Pour le camélia "High Fragrance", c'est l'apogée finale. Après la neige et le gel, il a réussi à se refaire la cerise pour présenter un numéro final digne de sa réputation.
Pour le parfum, en revanche, on repassera. Serait-ce encore une de ces fleurs qui ne daignent embaumer que sous un soleil chaud? Pour un camélia breton, c'est ballot.

L'humidité de retour pousse la jardinière dans son atelier, où c'est l'occasion de repiquer en pots individuels les laitues semées il y a ... 1 mois! Ouh! La! La! Ça ne va pas très vite tout ça!
Allez! Je vous laisse et vais rêver aux salades que je mangerai peut-être au mois de juillet.


BONNE FIN DE SEMAINE AU JARDIN!

vendredi 6 avril 2018

TOURNÉE D'INSPECTION

Les intempéries laissent peu à peu la place à un temps un peu plus calme, un tout petit peu moins mouillé.
Partons, appareil photo à la main, pour un tour de jardin. Il est temps de voir si les signes du printemps sont là ou pas.
Sur la terrasse, les tulipes poursuivent leur épanouissement. 
Les plus précoces ne vont pas tarder à laisser la place aux suivantes, qui montrent déjà leur bout du nez coloré.
Quelle surprise de découvrir que pendant que je me calfeutrais à la maison le jardin se préparait comme s'il était sûr que le beau temps reviendrait!
Les primevères, bien sûr, sont au rendez-vous, plus nombreuses chaque année. Leurs coloris s'adoucissent par rapport à l'époque où je les avais achetées, et le jardin prend un air champêtre.
Cette pervenche violette m'a été offerte par un ami qui l'avait prélevée dans un jardin à Florence. (Ohhh! C'est pas beau! Mais qui ne l'a jamais fait?) Avant de la recevoir, j'ai dû lui promettre de ne pas lui en vouloir lorsqu'elle envahirait tout aux alentours.
On continue avec les plantes qui me rappellent la personne qui me les a offertes : une aubriète sortie tout droit du jardin de ma mère, en Haute-Loire. 
Les épimédiums mettent un peu de temps à s'installer, mais ensuite ils s'étoffent généreusement et décorent les massifs douze mois par an, grâce à leurs feuilles colorées persistantes.
Ma petite glycine est destinée à être conduite en arbre. Elle n'a guère poussé depuis sept ans qu'elle est là, mais fleurit abondamment. J'ai compté 70 boutons à fleurs sur ses quatre maigres et courtes branches.  C'est une Wisteria floribunda alba.
Premier printemps au jardin pour le magnolia stellata qui a trouvé sa place au jardin blanc, bien sûr.
Les premiers narcisses sont défleuris, mais d'autres ont pris la relève, et il y en a encore pour trois semaines à peu près.
A venir: la floraison du Pyrus salicifolia pendula. Il est mal placé, dans une terre trop lourde et mouillée, mais il est maintenant trop tard pour le changer de place, et il faudra bien qu'il s'en accommode. Sa floraison magnifique compense sa végétation un peu souffreteuse. 
Une tonte est prévue ce weekend. Ce sera l'occasion de profiter de l'aspect plus net du jardin et de faire de nouvelles photos. Qui dit nouvelles photos dit nouveaux articles, non?
Je devrais donc revenir un peu plus régulièrement sur les blogs, délaissés durant cet interminable hiver trempé.

BON WEEKEND AU JARDIN!


dimanche 18 mars 2018

LAISSER PASSER LE TEMPS

Eh oui! On passe le temps comme on peut lorsque la météo nous tient loin du jardin.
Cet hiver bat des records de précipitations et autour de moi ce ne sont que gadoue, routes inondées, ruisseaux débordants.
Comble de bonheur, le Moscou-Paris a poussé jusqu'en Bretagne, écrasant sur son passage quelques amies très chères. Je pense que ma plus grosse crainte, qui deviendra peut-être mon plus grand regret, porte sur ma fougère arborescente. 
Plantée depuis deux ans, elle avait doublé de volume et me ravissait. Hélas! Trois fois hélas! Si le froid ne lui fait guère peur, elle semble avoir brûlé sous la neige.
Triste spectacle. S'en remettra-t-elle? Je commence à avoir des doutes, car le noir s'étend sur ses frondes. Affaire à suivre...
Donc, je vous disais que je fais passer le temps. Pas trop loin du jardin quand même avec des petits semis et des boutures.
Les laitues lèvent dans leur toute petite serre de plastique.
J'observe avec excitation le grossissement des germes des pommes de terre qui se préparent pour leur prochaine plantation.
Je n'ai pas oublié de semer les graines de tomates récupérées sur les tomates géantes offertes par une amie. Des tomates de plus de 1 kg pièce ! Je ne prétends pas obtenir les même résultats dans mon climat, mais j'aime bien l'idée de voir pousser ces plants qui me rappelleront mon amie.
Les boutures d'oeillet, d'heuchères, de chèvrefeuille, d'hydrangéa, etc... se portent bien. 


C'est un peu ma petite manie de bouturer ce que j'aime, ce que je veux offrir, ce qui a eu une branche cassée accidentellement. Des pots occupés par ces boutures traînent en permanence dans le jardin. Pas moyen d'en venir à bout! A peine je me suis débarrassée d'eux que de nouveaux apparaissent. Je suis sûre que beaucoup d'entre vous sont touchés par les mêmes symptômes.

Et puisque les massifs ne sont guère accessibles, je fais rentrer le jardin dans la maison.
Comme je me félicite d'avoir planté plusieurs pots avec des bulbes cet automne! 
Les crocus tirent à leur fin, mais les tulipes arrivent et vont illuminer la terrasse jusqu'en mai.
Dans trois jours ce sera officiellement le printemps. A qui dois-je faire les réclamations si la promesse n'est pas tenue?