jeudi 22 janvier 2015

AEONIUM SCHWARZKOPF

Quel drôle d'animal porte ce nom imprononçable?
L'aeonium est une plante grasse, tout simplement. Elle fait partie de la nombreuse famille des crassulacées. Il existe de nombreuses espèces de ces plantes venues pour la plupart des Canaries ou d'Afrique du Nord. Elle se distinguent par la forme ou la couleur de leurs feuilles, et entre les vertes, les jaunes, les noires, les brunes, il y a de quoi se piquer au jeu et tenter une collection.
Celle dont je veux vous parler a été achetée dans une jardinerie il y a 3 ans alors qu'elle mesurait 25 cm de haut. Elle a grandi assez rapidement et atteint maintenant une soixantaine de centimètres. C'est la variété "Schwarzkopf", que les germanistes identifieront comme une "tête noire". (Son nom complet, pour les botanistes exigeants, est aeonium arboreum var. atropurpureum "Schwarzkopf". Ouf!)
Son feuillage est noir, en effet, surtout s'il est  bien exposé au soleil.
C'est le cas en été, mais à la mauvaise saison il verdit. cela lui donne un aspect "menthe-chocolat" qui n'est pas pour me déplaire!


Il se bouture très facilement: il suffit de couper une rosette de feuilles et de la déposer sur un mélange de terreau et de sable humide. Ensuite, le plus difficile est de l'oublier et ne plus y toucher. Pas d'arrosage surtout, et la nature agit toute seule. En deux ou trois semaines, la bouture est enracinée, et c'est là que se situe l'étape un peu délicate: continuer de ne rien faire et la laisser tranquille. 
Je suis sûre que vous avez souvent réussi des boutures plus difficiles que ça!
Il ne vous restera plus qu'à les distribuer autour de vous et faire le plaisir de vos amis jardiniers. Les miens me demandent tous des boutures et je me fais un plaisir de les satisfaire. 
Il me semble quand même que l'été est la meilleure période pour prélever les rosettes, car elles sont bien compactes, alors qu'en hiver elles sont lâches, et doivent être moins faciles à installer sur le terreau pour l'enracinement.
Atout non négligeable: la coupe des rosettes stimule la formation de nouvelles pousses latérales, et la plante se ramifie ainsi. C'est pas beau, ça?

Et je ne vous ai pas encore tout dit: ELLE FLEURIT!
La mienne prépare en ce moment sa première fleur, un gros bouquet qui gonfle jour après jour et commence son déploiement. J'ai hâte de voir l'épanouissement.

Avec un peu de patience, mon aeonium ressemblera dans quelques années à  ...   ÇA!
Bon weekend , au jardin si possible!

samedi 17 janvier 2015

DES DÉGÂTS AU JARDIN

Vous avez peut-être déjà fait appel à des entreprises de travaux qui doivent intervenir sur votre terrain? Certaines agissent dans le plus grand respect du jardin, dans la mesure du possible bien entendu... D'autres s'en fichent complètement!
Je vous laisse deviner à quelle catégorie nous avons eu affaire. 
La deuxième, bien entendu, sinon je n'aurais pas grand chose à raconter.
A l'occasion de la réfection d'une partie du toit de la maison, afin de remplacer des ardoises en fibrociment par des ardoises  naturelles, nous avons vu intervenir une entreprise de désamiantage. Pour l'enlèvement des matériaux amiantés, l'entrepreneur a voulu utiliser un Manitou de 10 tonnes (dix! vous avez bien lu) à travers le jardin détrempé par les pluies d'automne. Il n'y est pas arrivé, bien sûr, mais n'a renoncé qu'après avoir bien insisté à faire des aller-retours en creusant des ornières. 
Résultat:

Des ornières profondes de 50 cm, avec une semelle bien tassée au fond, et des bourrelets remontés sur les côtés.






Comment remédier à cela? Comme il n'était pas question de faire passer à nouveau un engin pour brasser toute cette boue et la compacter encore plus, nous avons employé la bonne vieille huile de coude: aplanissement grossier des bourrelets à la bêche, puis remplissage des ornières avec de la terre récupérée sur les bas-côtés de la route.
Bizarrement, les massifs avaient été presque épargnés, mis à part qu'ils se retrouvaient entourés de la terre remontée de l'allée (les fameux bourrelets).
Nous n'avons pas encore fini la remise en état , mais ça avance tout doucement. Rien ne presse, et nous ne voulons pas nous casser les reins à manier la terre lourde pendant des heures. Nous savons bien que tout pousse si vite ici qu'au printemps l'herbe aura vite fait de tout recouvrir. Il faut juste que tout soit nivelé au mois de mars. Ça va! Pas d'affolement!
 Quant à la semelle hyper-tassée qui a dû être créée par les va-et-vient du Manitou, fort heureusement nous n'envisageons pas d'y faire pousser autre chose que de l'herbe, et elle s'en contentera.


Je terminerai cette page en citant le grand Hugo, avec une pensée émue pour les Hommes de grande valeur dont la vie a été fauchée par des barbares:

... Maintenant que je suis sous les branches des arbres,
Et que je puis songer à la beauté des cieux;

Maintenant que du deuil qui m'a fait l'âme obscure 
Je sors, pâle et vainqueur,
Et que je sens la paix de la grande nature
Qui m'entre dans le cœur;

Maintenant que je puis, assis au bord des ondes,
Ému par ce superbe et tranquille horizon,
Examiner en moi les vérités profondes 
Et regarder les fleurs qui sont dans le gazon; ...

Bon weekend dans vos jardins et avec ceux qui vous sont chers!



mercredi 31 décembre 2014

CHANGEMENT D'ANNEE

Au-revoir 2014.
Bienvenue à 2015!
Que cette nouvelle année soit pour vous tous remplie de découvertes et de satisfactions au jardin.
En ces périodes de gel que nous n'avions pas connues l'hiver dernier, le jardin s'endort enfin pour de bon et se prépare à passer le cap du nouvel an.
Quelques plantes n'ont pas eu la chance de rentrer à l'abri -négligence de la jardinière qui croyait que l'hiver ressemblerait au précédent- mais il ne semble pas y avoir trop de dégâts.
Voici venu le moment de laisser les massifs tranquilles et de se contenter de projeter les futures plantations. Se contenter n'étant sans doute pas le mot juste, car c'est un des grands plaisirs du jardinage.
Pour terminer en beauté, un petit tour dans le jardin s'impose, appareil photo à la main, pour saisir le givre avant que les rayons du soleil levant ne le touchent. 
Les fleurs de géranium...
...de camelia...
 ... d'anthemis ont été saisies.
 La mare est assez profondément gelée (je n'ai pas testé en marchant dessus!)
 ... et les myriophylles prises dans la glace voient leurs toupets émergeant à l'air abondamment saupoudrés de blanc.
 Et pour finir une rosette de digitale dans sa parure éphémère.
 Bonne année. A l'an prochain!

lundi 8 décembre 2014

UN ÉCUREUIL DANS LA MAISON

Le jardin s'imbibe de pluie, et j'ai renoncé à y mettre les pieds.
Aussi, le moment est venu de vous parler d'autre chose: je vous avais promis de vous raconter un jour l'histoire d'un écureuil recueilli; la voici donc. 
C'était en 2009, et cela a commencé par une petite chose en poils étalée sur le paillasson devant ma porte. Je pensais que mon chat m'avait apporté une souris, mais en regardant mieux j'ai vu qu'il s'agissait d'un bébé écureuil très très jeune, même pas sevré. Je l'ai aussitôt pris dans mes bras pour lui éviter de se faire manger par le chat, et je l'ai installé dans la maison.
Sortant jeter un coup d’œil dans le jardin pour voir si les parents étaient par là, quelle ne fut pas ma surprise d'entendre de petits cris venant de la haie, et d'en voir sortir un autre bébé écureuil qui, ni une ni deux, se précipite vers moi, me grimpe dessus et ne me lâche plus!
Retour à la maison où il rejoint son probable frère. 
Il y avait un mâle et une femelle. Ils étaient encore peu velus, leur queue ressemblant à une queue de rat, et leurs oreilles dépourvues des jolis toupets caractéristiques des écureuils. Pour les protéger, je les ai installés dans... le panier de transport du chat! Avec quelques chiffons pour leur faire comme un nid où ils seraient au chaud. Et me voilà partie à la boulangerie pour acheter un biberon jouet rempli de bonbons afin de les nourrir.
Ce n'était pas une mince affaire de leur donner le biberon à tous les deux à longueur de journée. Mais ils avaient très bien compris, sortaient de la boîte à chat le temps de téter et y retournaient dormir.
Leur pelage devenait plus fourni et ils commençaient à diversifier leur alimentation.
Ont peu à peu remplacé le lait: amandes, cerises, framboises, noisettes et le gros régal des bébés écureuils: des pignons de pin. 
Après avoir mangé, ils s'endormaient roulés en boule dans mes mains.
Malheureusement, le petit mâle est mort au bout de quelques jours, mais la femelle a grandi sans problème. Elle vivait dans notre salle à manger, qui était devenue la "chambre de l'écureuil", et nous attendait chaque jour pour jouer. Nous l'avons baptisée Pépette. Pas très original ni recherché, mais c'est venu tout seul.
Son jeu favori consistait à nous considérer comme des troncs d'arbres et à courir autour de nous comme une folle, en jouant à cache-cache dans notre dos.
Elle adorait aussi faire "la bagarre" avec nous, se jetant sur nos doigts, et luttant avec eux tandis que nous la faisions rouler (délicatement) dans tous les sens,comme si elle jouait avec un autre écureuil.
Elle ne refusait jamais la nourriture que nous lui proposions, la cachant sous les coussins si elle n'avait plus faim.
Bien sûr, Surcouf n'avait plus accès à la salle à manger et se contentait d'observer Pépette à travers les vitres.
Nous avons peu à peu commencé à la  laisser sortir dans le jardin, sous notre attentive surveillance (c'est un pléonasme? Oui, mais on ne la quittait pas des yeux tellement on avait peur pour elle)
Notre tache de "parents"  a consisté à lui montrer où elle pouvait se pourvoir en framboises et cerises, où elle pouvait trouver de l'eau pour se désaltérer. Elle n'a pas tardé à s'enhardir, et à prolonger de plus en plus ses séjours à l'extérieur, tant et si bien qu'un soir elle n'est pas rentrée.
Fin de l'histoire? Pas tout à fait, car au bout de trois jours d'absence, Patrick a vu un soir un écureuil traverser le potager. A tout hasard, il a appelé: "Pépette!", et Pépette est venue lui grimper sur les épaules et se faire câliner. Après avoir joué un moment avec nous, elle est repartie, et cette fois nous ne l'avons plus revue.
Adieu Pépette! Mais chaque fois que nous voyions un écureuil (et il n'en manquait pas dans notre jardin) nous avions une petite pensée pour elle. Il nous reste des photos, et des vidéos parmi lesquelles celle-ci, où vous pouvez voir de quelle façon elle aimait jouer avec nous.

vendredi 5 décembre 2014

EST-CE BIEN RAISONNABLE?

Ah! Ma bonne dame! Il n'y a plus de saisons!
Nous avons eu un automne particulièrement doux et ensoleillé. Personne ne s'en plaint... et pourtant. Certains doutent encore de la réalité du réchauffement climatique, mais les statistiques météorologiques ainsi que la simple observation le confirment. L'hiver dernier n'a vu que trois ou quatre nuits de gel. Nous sommes en Bretagne, et soumis au Gulf Stream, c'est vrai, mais lorsque j'entends des anciens se souvenir du port de Paimpol pris par la glace... Je pense que je ne connaîtrai jamais cela.
Au jardin, il se passe de drôles de choses. On connaissait les mois de septembre doux et humides qui sont comme un printemps pour les cerisiers qui se laissent abuser et refleurissent (modestement en général). Nous sommes cependant au début du mois de décembre, et certaines croient en avril, peut-être même en mai.
Un petit tour dans mon jardin m'a permis de trouver:
Des hémérocalles en boutons
Un genêt en cours d'éclosion
Un iris dont les boutons commencent à laisser apparaître la couleur. Même Monsieur Puceron est de sortie!
  Le géranium "Anne Thomson" se lance dans une floraison digne du printemps, avec feuillage nouveau doré et tout le tra-la-la.
C'est bien joli tout cela, mais il faudrait peut-être songer à se reposer pour être en forme au printemps , au lieu de jeter toutes ses forces dans la bataille de l'hiver qui n'est pas censée être gagnée par les fleurs!





samedi 22 novembre 2014

UN LIVRE DE JARDINAGE


Une fois n'est pas coutume, je vais faire aujourd'hui un peu de publicité à un livre.
Connaissez-vous les réalisations de Piet Oudolf?
Ses jardins évoquent les prairies sauvages, garnies notamment de graminées auxquelles se mêlent des fleurs et des arbustes. Il puise son inspiration dans la nature, et a beaucoup étudié les prairies nord-américaines.
Le résultat offre un aspect très naturel, bien que ses schémas de plantation soient méticuleusement réfléchis et dessinés.
J'ai acheté "Plantations, nouvelles perspectives" il y a quelques semaines, et c'est une mine d'idées et de réflexions.
Il y a déjà les photos, qui sont magnifiques et excellent à mettre en valeur le type de jardins créés par Piet Oudolf. 
Mais le texte n'est pas à la traîne, et abonde en conseils concrets pour réaliser chez soi des paysages aux allures simples et sauvages.
Il nous informe sur les caractéristiques des plantes utilisées, ainsi que leur intérêt au fil des saisons.

L'auteur n'est pas avare d'explications concernant les principes de conception. On y découvre ainsi la notion de "matrice", qui désigne les plantes en grandes quantités qui vont servir d'écrin aux autres plantes.
La réflexion est très poussée sur des sujets tels que l'utilisation ou non de plantes exotiques, l’intérêt de planter en concevant une vaste surface ou en répétant des modules, la prise en compte du réchauffement climatique, pour ne donner qu'un tout petit aperçu des questions abordées.
Des planches détaillent l'organisation de quelques massifs emblématiques.
Et on se prend à rêver que notre jardin pourrait s'inspirer de ces couleurs et matières si harmonieusement agencées.
Bien sûr, je vais essayer de tenir compte de mes connaissances toutes neuves dans mes futurs massifs. Je vous en dirai des nouvelles lorsque le moment sera venu.

   Bon jardinage!











samedi 15 novembre 2014

ENVIE DE TULIPES

C'est en automne que se prépare le printemps, tout jardinier sait cela. Il ne faut en particulier pas rater le moment de planter ses tulipes. Pour l'avoir trop souvent oublié, je me suis retrouvée bien des printemps avec les seules tulipes des jardins environnants à admirer.
Cette année, pas de ça!
J'ai choisi pour animer le petit massif devant la fenêtre de la cuisine des tulipes dans les tons  rose tendre et crème. Petit massif qui l'est de moins en moins, d'ailleurs, car sa position stratégique qui le place en permanence sous mes yeux lui vaut de recevoir toutes les plantes que je souhaite admirer le plus longuement possible. Et vas-y que je bêche et retire de la pelouse pour agrandir la surface "fleurissable"!
Cet automne, donc, mon choix s'est porté sur... ce que j'ai trouvé un peu au dernier moment en jardinerie. Oui! j'ai été plus prévoyante que d'habitude, mais il ne faut pas exagérer quand même. Le long temps de réflexion à étudier les offres des catalogues, ce sera peut-être pour l'automne prochain. 
Voici quand même les tulipes que j'ai installées dans le massif:
  - Angélique
  -Concerto
  -Beau Monde
  -Pulchella Violacea (botanique)
  - Lady Jane (botanique)
Je pense que l'ensemble devrait être assez frais et lumineux.
(Avez-vous noté mes progrès? Ceci est une mosaïque concoctée par mes petites mimines aidées de mon petit cerveau. Je ne sais plus comment j'ai fait, tellement j'ai tatonné, mais je suppose que l'ayant fait une fois j'y arriverai à nouveau)

Cette fois, je ne serai pas frustrée au début du printemps, et ces belles me feront patienter avant l'arrivée des vivaces.
Sur ma lancée, j'ai aussi planté un rosier "Annapurna", en pensant à mon fils qui est en voyage pour 1 mois au Népal en solitaire.
J'ai aussi reçu des iris du Japon et de Louisiane que j'ai commencé à installer autour de la mare.
Quand je pense à tous ces mois à attendre avant de les voir en fleurs! Grrrrr! Ça me rend folle!
       BON JARDINAGE!